
Parlement australien à Canberra
Ce qui m’a marqué au début dans la vie politique australienne c’est la place accordée à l’opposition. En effet, à chaque fois qu’un ministre du gouvernement s’exprime dans les médias, il y a aussi une intervention du “shadow minister”, autrement dit d’un “ministre de l’ombre”. Ainsi chaque ministre a son équivalent en titre dans l’opposition et si il y a un changement de premier ministre, tous les “shadow minister” deviennent alors les vrais ministres et vice-versa. C’est un fonctionnement plutôt intéressant ou l’opposition sert clairement de contre-pouvoir et devant laquelle le gouvernement est responsable (par le processus des questions au gouvernement par exemple).

La Chambre des représentants (où les membres du gouvernement s'assoient d'un côté et ceux de l'opposition, de l'autre)
Quant au premier ministre (Kevin Rudd), son équivalent est le leader de l’opposition libérale. Leader qui vient justement de se faire évincer et remplacer sur un désaccord au sein du parti. Pour remettre la situation dans un contexte plus familier, ce serait un peu comme si Martine Aubry se serait faite virer de la direction du PS par Vincent Peillon car elle aurait soutenu une loi de Sarkozy.
La raison de ce changement dans notre cas: une question environnementale. En effet, l’ancien leader du parti libéral (Malcom Turnbull) a soutenu le plan carbone du gouvernement australien (qui visait une réduction de 5% à 25% des émissions de gaz carbonique d’ici 2020), ce qui n’a pas plu à tous les membres de son parti (toujours des climato-sceptiques au sein de celui-ci). Il a donc perdu le soutien d’une parti des membres et a été remplacé par un nouveau leader (Toni Abbott) qui s’opposera à cette nouvelle législation.

La Chambre du Sénat
Résultat de tout ce mic-mac, Kevin Rudd, le PM, ne pourra ainsi certainement pas passer sa loi sur la taxe carbone avant le sommet de Copenhague (ce qui aurait fait de l’Australie l’un des premiers pays au monde à mettre en place une telle législation), il a aussi bien du être embêté devant Obama qu’il rencontrait récemment car tout son projet était tombé à l’eau. Et surtout si son projet est rejeté une 3ème fois, il pourra procéder à une double dissolution des chambres et appeler à des élections générales anticipées. Pas de longues campagnes électorales ici par contre, car le PM peut appeler à de nouvelles élections une vingtaines de jours avant que celles ci aient lieu!
